· 

Pourquoi mes livres sont-ils aussi sur Amazon (et pourquoi j’assume pleinement ce choix) ?

Pourquoi mes livres sont-ils aussi sur Amazon (et pourquoi j’assume pleinement ce choix) ?

 

Je l’entends souvent, parfois avec étonnement, parfois avec reproche : « Mais pourquoi vendre sur Amazon, quand on défend les libraires et l’édition locale ? » C’est une question légitime et je crois qu’il est important d’y répondre avec transparence.

 

Un auteur-éditeur local… dans un monde global

 

Depuis des années, je publie mes livres sous le label Jaune à Temps, avec la même passion : raconter l’histoire de nos lieux, de nos gens, de nos mémoires.

 

Je travaille avec des librairies indépendantes, je participe à des salons, je distribue également les ouvrages chez les libraires et parfois même directement chez le lecteur. C’est le circuit court du livre, celui du contact humain, du sourire derrière la caisse, de la dédicace au coin d’une table.

 

Mais ce modèle, que je continue à privilégier, a ses limites dès qu’on veut atteindre un lecteur qui vit ailleurs. Et ces lecteurs existent : ils sont à Lyon, Toulouse, Montréal, Genève ou Paris, parfois attachés à Liège par leurs racines, leurs études ou leurs souvenirs. Ces lecteurs me découvrent en ligne, cherchent mes livres, mais se heurtent à un obstacle simple : les frais de port depuis la Belgique sont exorbitants.

 

L’obstacle logistique

 

Envoyer un livre depuis Liège vers la France peut coûter 10 à 15 € de frais postaux, parfois davantage que le prix du livre lui-même. (comment expliquer à une lectrice que son livre de 18 euros doit être facturé 30 euros ?). Et lorsque l’envoi se fait vers le Canada ou la Suisse, cela devient tout simplement impossible pour un particulier.

 

La vérité est simple : ces démarches freinent la diffusion, découragent les lecteurs étrangers, et me privent d’un temps précieux que je préfère consacrer à l’écriture et à la recherche.

 

Pourquoi Amazon devient alors un relais utile

 

C’est ici qu’Amazon entre en jeu — non pas comme une alternative aux libraires, mais comme un outil de diffusion complémentaire.

 

Grâce à cette plateforme, un lecteur français peut commander mon livre au tarif du marché intérieur français, sans frais de douane, sans surcoût postal, et le recevoir en quelques jours.

 

Et pour un petit éditeur indépendant, cela change tout.

 

Amazon me permet donc de rendre mes ouvrages accessibles au-delà des frontières, sans pour autant renoncer à mon indépendance. Je garde le contrôle sur mes textes, mes couvertures, mes prix et mes tirages. La plateforme ne fait que ce qu’elle sait faire : imprimer et livrer.

 

Un lecteur québécois qui découvre La servante de Satan ou Onwater grâce à cette vitrine numérique, c’est aussi une victoire pour la culture liégeoise.

 

Concilier proximité et accessibilité

 

Soyons clairs : je continue à soutenir les librairies locales, à y déposer mes ouvrages, à encourager les lecteurs à s’y rendre. Je participe activement aux salons du livre, aux rencontres d’auteurs, aux initiatives culturelles de la région. C’est le cœur vivant du métier, et rien ne remplace la rencontre physique avec le lecteur.

Mais le monde a changé.

 

Aujourd’hui, un livre vit à la fois sur une table de librairie et sur un écran.
Et si je veux que mes ouvrages circulent, je dois leur permettre d’exister là où se trouvent les lecteurs. Cela ne retire rien aux libraires ; cela ajoute simplement une porte de plus.

 

Entre conviction et pragmatisme

 

Je n’ignore pas les débats autour d’Amazon. Oui, certaines de leurs pratiques commerciales peuvent heurter nos valeurs d’artisans du livre.

 

Mais refuser tout en bloc, ce serait aussi priver mes lecteurs éloignés d’un accès simple et abordable à mes livres.

 

Et ce serait contraire à l’esprit même de mon travail : partager et transmettre.

 

Chaque livre vendu sur Amazon n’est pas une « vente volée » aux librairies : c’est souvent une vente qui n’aurait jamais eu lieu autrement.

 

C’est une personne qui, à 800 kilomètres, découvre un pan d’histoire liégeoise ou un récit d’ici, parce qu’elle a pu le commander sans contrainte.

 

Et à mes yeux, c’est déjà beaucoup.

 

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0