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50 erreurs de l'autoédition

Rencontre avec Jean-Louis Lejaxhe autour de "50 erreurs de l’autoédition : le guide qui sauve ton livre".
Publier un livre est devenu plus accessible que jamais. Lui donner une vraie chance d’être lu demande pourtant beaucoup plus que quelques clics. Avec "50 erreurs de l’autoédition : le guide qui sauve ton livre", Jean-Louis Lejaxhe propose un guide pratique destiné aux auteurs et autrices qui souhaitent publier avec davantage de méthode, de rigueur et de professionnalisme.
Choix du sujet, promesse éditoriale, structure, style, couverture, titre, mise en page, description Amazon, mots-clés, prix, lancement, avis lecteurs, stratégie de promotion… ce livre passe en revue les points essentiels qui peuvent faire réussir ou fragiliser un ouvrage autoédité.
Ce guide ne promet pas de miracle. Il rappelle surtout une réalité importante : un bon manuscrit peut rester invisible si sa présentation brouille le message, si sa page de vente ne rassure pas le lecteur ou si sa publication est lancée sans véritable stratégie.
Conçu pour les auteurs débutants comme pour les auteurs déjà publiés, 50 erreurs de l’autoédition aide à repérer les faiblesses avant qu’elles ne deviennent publiques. Un outil utile pour éviter les pièges classiques de l’autoédition et donner à son livre une présentation à la hauteur de son contenu.
Lien vers le livre : https://www.amazon.fr/50.../dp/B0H2716C24/ref=sr_1_1...
Voici ses réponses à l'interview littéraire du Colibri Rouge
1. Pouvez-vous nous parler de votre dernier ouvrage ? Quelle en est l’inspiration principale et quel message souhaitez-vous transmettre aux lecteurs et lectrices ?
Mon dernier ouvrage, "50 erreurs de l’autoédition : le guide qui sauve ton livre", est né d’un constat très simple : beaucoup d’auteurs indépendants ont du talent ou une vraie envie de publier, mais se retrouvent parfois piégés par des erreurs évitables.
Une mauvaise couverture, une mise en page approximative, un résumé peu vendeur, un prix mal calculé, une publication trop rapide… Tout cela peut nuire à un livre qui aurait pourtant mérité sa chance.
L’inspiration principale vient donc de mon expérience d’auteur, d’éditeur et d’accompagnateur éditorial. S’autoéditer ne veut pas dire tout faire seul, n’importe comment ni dans la précipitation. Avec de la méthode, du recul et un peu de professionnalisme, un auteur peut donner à son livre une présentation digne des plus grandes maisons d’édition.
2. Comment décririez-vous votre processus d’écriture ? Avez-vous des rituels ou des habitudes spécifiques lorsque vous écrivez ?
Mon processus d’écriture varie selon le type de livre.
Pour un roman, je pars souvent d’une idée qui tourne sans cesse dans ma tête. Ensuite, je construis l’intrigue, notamment en compagnie de mon coauteur Robert Putzeys, en m’attachant aux personnages pour leur donner du corps, du caractère.
Pour un guide comme "50 erreurs de l’autoédition", le travail est plus structuré : je rassemble mes observations, je classe les problèmes récurrents, puis je cherche la manière la plus claire de les expliquer.
Écrire ce livre, c’est comme ramasser un paquet de fiches tombées au sol et tout remettre en ordre logique. On va dire que ce n’était pas le moment de vouloir une place à la table de la cuisine.
3. Quelle est la partie la plus difficile de l’écriture pour vous, et comment la surmontez-vous ?
La partie la plus difficile est sans doute le moment où il faut prendre du recul sur son propre texte.
Quand on écrit, on est très proche de son histoire, de ses phrases, de ses personnages. On sait ce que l’on a voulu dire, mais cela ne signifie pas toujours que le lecteur le percevra de la même manière.
Idéalement, je laisse reposer le texte, parfois plusieurs semaines. Puis, je le relis comme si je découvrais le travail de quelqu’un d’autre.
J’essaie aussi d’accepter que corriger ne soit pas détruire, mais améliorer. Beaucoup d’auteurs vivent la correction comme une remise en cause personnelle. En réalité, c’est souvent à ce moment-là que le livre devient vraiment lisible, solide et… publiable.
4. Comment développez-vous vos personnages ? Y a-t-il des éléments de votre propre vie que vous incorporez dans vos personnages ?
Il y a forcément des éléments de la vie réelle dans les personnages, mais rarement de manière directe. Ce sont plutôt des émotions, des attitudes, des détails vus chez des personnes rencontrées.
L’auteur transforme beaucoup plus qu’il ne copie. Même lorsqu’un personnage est totalement inventé, il porte quelque chose du regard de son créateur sur le monde.
Dans chacun des personnages de mes romans, je reconnais forcément des amis, de la famille, des personnes croisées au fil de la vie.
5. Avez-vous une routine de recherche particulière pour vos livres, surtout s’ils sont historiques ou nécessitent des connaissances spécifiques ?
Oui, surtout pour les ouvrages historiques ou documentaires.
Dans ce cas, je commence par rassembler le plus grand nombre possible d’informations fiables. Vient ensuite le temps du tri et de la vérification : je compare les sources, je recoupe les éléments et je replace chaque information dans son contexte.
Une seule source ne suffit pas toujours, et lorsqu’un doute persiste, je préfère parfois écarter l’information plutôt que de prendre le risque de transmettre une erreur.
Mon objectif est de rendre le sujet clair, vivant et accessible, sans jamais sacrifier la rigueur. Pour moi, un bon travail de recherche doit se sentir dans la solidité du récit, mais sans devenir pédant, lourd ou lassant pour le lecteur.
6. Comment gérez-vous les critiques de vos œuvres, qu’elles soient positives ou négatives ?
Les critiques positives font évidemment plaisir. C’est la récompense de l’artiste, l’applaudissement du public.
Les critiques négatives sont plus délicates, mais elles peuvent être utiles lorsqu’elles sont argumentées. J’essaie de distinguer la critique constructive du simple jugement blessant.
En revanche, il faut aussi accepter qu’un livre ne plaira jamais à tout le monde. L’important est de rester à l’écoute sans perdre sa propre voix.
7. Quel(s) auteur(s) ou quelle(s) autrice(s) vous ont le plus influencé dans votre carrière et pourquoi ?
Pour les plus jeunes qui nous lisent, je vais passer pour un dinosaure, mais j’adore les policiers classiques anglophones : Conan Doyle, Agatha Christie, les nouvelles policières aussi. Mais j’ai été plus nourri au cinéma qu’à la lecture.
8. Si vous pouviez dîner avec n’importe quel auteur ou autrice, vivant ou décédé, qui choisiriez-vous et pourquoi ?
Un auteur vivant, de préférence !
Plus sérieusement, c’est compliqué. Un grand auteur n’est pas nécessairement quelqu’un d’humainement intéressant.
De nos jours, ce serait peut-être Stephen King, mais pas dans un hôtel vide et bloqué par la neige, pas plus qu’avec un clown avec un ballon gonflable à proximité.
9. Quel conseil donneriez-vous aux écrivains et écrivaines en herbe qui cherchent à publier leur premier livre ?
Je leur dirais d’abord de ne pas confondre terminer un manuscrit et publier un livre.
Finir un texte est une étape importante, mais ce n’est pas la dernière. Il faut relire, corriger, faire relire, retravailler la structure, soigner la couverture, etc.
Je leur conseillerais aussi de garder de l’humilité sans perdre confiance. Il faut croire en son projet, mais accepter qu’il puisse être amélioré.
Par ailleurs, si vous partez à la recherche d’une maison d’édition, n’ayez pas la prétention d’être attendu comme le nouveau Messie. Même face au succès, il faut rester humble. J’ai 28 années d’ancienneté dans l’écriture et je refuse toujours que l’on m’appelle « écrivain ».
10. Comment voyez-vous l’évolution du monde de l’édition et de la littérature avec l’essor du numérique et des réseaux sociaux ?
Aujourd’hui, un auteur peut publier plus facilement, communiquer directement, créer une communauté, vendre en ligne, tester des idées, montrer les coulisses de son travail.
C’est une chance extraordinaire… mais ce n’est pas pour autant que son livre va se vendre, car cette liberté a aussi un revers : il y a beaucoup de concurrence. Être visible devient difficile.
Je pense que l’avenir appartient aux auteurs capables de conjuguer sincérité, qualité éditoriale et présence intelligente sur les réseaux.
Le numérique facilite certes les choses, mais n’oubliez pas que derrière un livre, il y a de nombreux corps de métier : auteur, correcteur, maquettiste, graphiste, imprimeur, distributeur, publiciste, vendeur et j’en passe. Et vous ne pouvez pas être bon en tout.
11. Avez-vous des projets futurs dont vous aimeriez parler ?
Oui, j’ai toujours plusieurs projets en cours, car l’écriture appelle souvent d’autres idées. Il y a des projets de romans policiers, des ouvrages liés à l’histoire locale qui sont en fait mon « fonds de commerce » depuis des années.
Je travaille actuellement à une publication caritative, au profit d’une association en faveur des animaux de la région liégeoise, en Belgique. Cette prochaine sortie, qui s’intitule La fabuleuse histoire des animaux du cinéma, raconte l’histoire des stars animales de l’écran, mais aussi les maltraitances sur les plateaux de tournage. La marge bénéficiaire ira à l’association.
J’aimerais aussi développer et faire connaître mon site : www.jauneatemps.com
J’aimerais continuer à aider les auteurs à mieux comprendre le parcours éditorial, depuis le manuscrit jusqu’au livre terminé. Beaucoup de personnes écrivent dans leur coin avec passion, mais ne savent pas toujours comment franchir les étapes suivantes. Si mes projets peuvent leur donner des outils, de la confiance et une vision plus claire, alors ils auront du sens.
12. Quel est le livre que vous avez lu récemment et qui vous a le plus marqué ? Pourquoi ?
Le livre d’un ami qui s’intitule La coterie des damnés, disponible sur Amazon.fr. C’est l’adaptation d’un jeu de rôle.
Une chouette idée que l’auteur, amateur de vampires et de paranormal, a adaptée en trois tomes, dont le troisième verra le jour avant la fin de l’année.
13. Pouvez-vous partager une anecdote amusante ou mémorable de votre parcours d’écrivain ?
J’étais mauvais élève, sans doute par manque d’intérêt. Mais j’étais apprécié par mes condisciples comme par mes profs pour mon humour et mon imagination débordante. Deux points incompatibles avec de bonnes études.
Récemment, en salon, je suis retombé sur mon vieux prof de troisième primaire.
À l’époque, à une réponse à une question, il m’avait giflé — début des années septante, ou soixante-dix pour nos amis français, c’était toléré. Pas tolérable, mais toléré — en me reprochant mon orthographe et en affirmant que je ne ferais jamais rien de bon dans la vie.
Nous avons un peu discuté du « bon vieux temps », puis, au bout de dix minutes de conversation, en me serrant la main, il m’a lâché :
« Je savais que tu ferais quelque chose de très bien dans ta vie. »
Je me demande encore s’il se souvenait bien de moi.
Et pour ceux que cela intéresse, en me confrontant à mon orthographe dans une dictée, il m’avait demandé à partir de combien on mettait un « s » à un mot et, spontanément, j’avais répondu : « Deux ».
La gifle était partie, car ce n’était pas une question, mais une réprimande. Comme quoi, les méthodes changent.
14. Si vous pouviez être un personnage de fiction pour une journée, qui choisiriez-vous et pourquoi ?
Je choisirais peut-être Sherlock Holmes, pour son sens de l’observation et sa capacité à voir ce que les autres ne voient pas.
Être capable, pendant une journée, de lire les détails du monde avec une telle précision serait fascinant.
Mais je ne suis pas certain que j’aimerais le rester plus longtemps. Les personnages brillants sont souvent aussi des personnages tourmentés. Pour une journée, ce serait passionnant ; pour toute une vie, probablement épuisant.
15. Quelle est votre citation préférée sur l’écriture ou la lecture, et pourquoi résonne-t-elle avec vous ?
Une citation que j’aime beaucoup est celle-ci : « Écrire, c’est une façon de parler sans être interrompu. » — Jules Renard
Elle me touche parce qu’elle dit quelque chose de très juste sur l’écriture. Quand on écrit, on peut aller au bout de sa pensée. On peut prendre le temps de formuler ce qui, dans une conversation ordinaire, serait parfois coupé, simplifié ou oublié.
Mais écrire, ce n’est pas seulement parler seul. La lecture crée un dialogue silencieux entre deux personnes qui ne se connaissent pas forcément. C’est ce mystère-là qui me plaît.
Merci pour ces réponses, Bonne journée, bonne lecture et surtout beaucoup de succès dans la diffusion de votre livre. Naomi
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